L’île Maurice est une petite île de l’océan Indien, à l’est de Madagascar, avec un climat tropical et une agriculture limitée (canne à sucre, légumes, volaille, fruits de mer) . Cette géographie insulaire a favorisé une cuisine de mélange et d’adaptation, où les apports extérieurs sont réinterprétés avec les produits disponibles sur l’île. En effet, la société mauricienne est plurielle : descendants d’esclaves africains et malgaches, colons français, travailleurs engagés indiens (hindous et musulmans), et commerçants chinois s’y sont croisés et mélangés. Celà se reflète forcément dans la cuisine.
Le bol renversé (ou bol déviré) vient de la cuisine chinoise type chop-suey, plus précisément des techniques de cuisson au wok et des présentations en bol (gai fan), introduites par l’immigration chinoise à Maurice, majoritairement originaire du Canton. À Maurice, il s’est développé comme un plat complet : riz, protéines et légumes, le tout lié par des sauces et surmonté d’un œuf au plat. La technique de présentation — tasser le tout dans un bol, puis le renverser sur l’assiette — est restée identique, mais les ingrédients ont été adaptés aux produits locaux et aux goûts des différentes communautés.
Aujourd’hui, le bol renversé est considéré comme un classique de la cuisine mauricienne, au même titre que le riz frit, le cari ou le briani. Les variantes se multiplient : poulet, porc, bœuf, crevettes, végétarien, voire versions “fusion” avec d’autres influences (italienne, française), mais la structure de base reste la même. Il est aussi présent dans la diaspora mauricienne (France, Australie, Canada), où il est souvent le premier plat “typique” que les Mauriciens font découvrir à leurs amis locaux.
