Tout commence avec les GI’s stationnés en Corée. Ils introduisent le poulet frit dans les villes, où il séduit rapidement dans les pojangmacha (buvette de rue enfumée) autour du chimaek – chicken et bière. En 1977, Lim’s Chicken ouvre à Séoul et les Coréens l’adoptent comme chikin – un mot familier pour « friture » – et le consomment avec du soju, rivalisant déjà avec le barbecue local. Ce n’est pas encore le yangnyeom, mais la base croustillante est posée.
À Daegu, un restaurateur nommé Yoon Jong-gye observe un problème : la croûte du poulet devient trop dure une fois refroidi, irritant le palais après quelques bières. Il passe six mois en cuisine à expérimenter. Sa solution ? Une sauce à base de gochujang, sirop de maïs coréen (mul-yeot), ketchup et vinaigre de riz. Elle ramollit la panure tout en infusant des notes kimchi addictives : sucré, piquant, umami. Le yangnyeom est né.
Son employé, Yang Hee-kwon, voit alors plus grand. En 1990, il lance Pelicana Chicken, première chaîne dédiée. Une bataille de brevets éclate, mais la Cour suprême tranchera ultérieurement : yangnyeom entre dans le domaine public. Arrivent alors BBQ Chicken (1992), BHC (1992) et Kyochon (1991) qui entrent en compétition féroce. C’est à cette époque qu’arrive l’innovation clé : la double friture (d’abord à 160°C pour cuire, puis 190°C pour l’aérer) ce qui permet au croustillant de tenir 30 minutes !
En 2010, Séoul compte 14 000 restos chikin – un tous les 200 mètres! La K-pop et les dramas en font un symbole : le groupe BTS par exemple en raffole. La vague Hallyu (coréanisation globale) propulse alors le yangnyeom partout. KFC s’y met avec des sauces inspirées, exportées aux USA et en Australie. En 2026, plus de 50 000 restaurants dans le monde comme Gangnam Chicken à Paris ou K-Box à Los Angeles proposent des variantes très créatives comme le ganjang (sauce soja), le padak (fromage fondu) ou le snow (crème blanche). TikTok finit d’enfoncer le clou avec une explosion de challenges chikin mukbang qui glorifient le plat.
