Au début des années 1960, Kim Yeong-Seok, tenancier d’un restaurant de porc galbi près de l’université Kangwon à Chuncheon, se heurte à une crise porcine : rupture de stock et prix exorbitants. Il improvise en achetant deux poulets bon marché (abondants localement grâce à l’élevage avicole florissant), découpe la chair en morceaux, la marine dans sa sauce gochujang (pâte de piment sucrée-salée) prévue pour le porc, et la fait griller à la poêle avec chou nappa, patates douces, oignons, carottes et tteok (cylindres de riz gluant). Les clients, dont étudiants fauchés et soldats en permission, sont conquis par ce « galbi du peuple » : copieux, protéiné, peu gras et convivial. Il est parfait comme anju, c’est à dire un plat accompagné d’alcool soju (12° à 45° pour le traditionnel), qu’on boit toujours longuement sur la soirée, à deux mains, en mangeant obligatoirement à plusieurs.
Dès les années 1970, le plat gagne le centre-ville, surnommé « galbi des étudiants » pour son prix abordable . Chuncheon l’inscrit officiellement dans son histoire municipale, devenant synonyme de résilience post-guerre.
Depuis 2005, festival annuel automnal ; rue Dakgalbi-gil (Myeongdong) concentre 500+ restos.
A partir de 2015, on voit apparaitre des variations modernes qu’on retrouve aujourd’hui sur bon nombre de photos, notamment l’ajout de fromage fondu (mozzarella/raclette) versé en fin de cuisson sur le diamètre de la poêle, créant une coulée crémeuse au centre quand on touille.
