La muhammara est apparue à Alep, en Syrie, une ville historique située sur les anciennes routes commerciales (dont la Route de la Soie), ce qui a favorisé les échanges culinaires et culturels. En effet, Alep, carrefour commercial entre l’Asie et la Méditerranée, a longtemps été un creuset de saveurs et d’influences culinaires, notamment sous les empires romain, byzantin, puis ottoman.
La recette de la muhammara fut transmise oralement au sein des familles syriennes depuis plusieurs siècles, avant d’être consignée dans des recueils au XXᵉ siècle . Le nom signifie littéralement « rougie » ou « devenu rouge » en arabe, en référence à sa couleur vive due aux poivrons rouges et au piment. C’est un mezze (entrée) emblématique de la cuisine levantine, traditionnellement dégusté en trempant du pain pita ou ka’ak dans cette crème onctueuse, épicée et parfumée. Comme beaucoup de préparations de la région, elle permettait aussi de conserver les saveurs des légumes d’été grâce à la torréfaction, à l’usage d’épices et d’huile, avant l’ère de la réfrigération
A noter qu’on en trouve de très proches cousines en Turquie (Acuka) et en Géorgie (Adjika) où, de manière surprenante connaissant la passion du pays pour les noix dans la cuisine, cet ingrédient est absent.
