Le Som Tam est une salade de papaye verte épicée originaire du Nord-Est de la Thaïlande, dans la région appelée Isaan. Son nom vient du dialecte isaan, où « som » signifie aigre et « tam » signifie frapper ou piler, en référence à la préparation traditionnelle où les ingrédients sont écrasés dans un mortier avec un pilon.
Sans que l’on puisse précisément la dater, l’origine du plat est à chercher au Laos voisin il y a plusieurs siècles, dans l’histoire d’un plat très similaire : le « tam mak houng » et a également « débordé » au Cambodge où l’on retrouve le « bok lahong« . Le Laos et la région d’Isaan ont une histoire complexe, entre vagues migratoires successives du Laos vers Isaan depuis le XVIIIème siècle, en premier lieu à la chute de l’empire Khmers et l’annexion parallèle de régions du Laos par ce qui allait devenir la Thailande (Royaume de Siam). Cette salade s’est ensuite popularisée à Bangkok après la Seconde Guerre mondiale grâce aux migrants venant d’Isaan (quittant l’agriculture pauvre pour la construction ou la prostitution, leur donnant mauvaises réputation à la capitale) qui ont apporté leurs spécialités culinaires.
La recette s’est adoucie en Thaïlande centrale avec l’ajout de sucre de palme et de cacahuètes grillées pour plaire aux palais moins habitués aux saveurs très piquantes et acides de la version d’origine. A noter d’ailleurs que cette salade intègre les cinq saveurs fondamentales : salé, sucré, acide, amer et umami se mariant à merveille du fait de la préparation traditionnelle utilisant un mortier et un pilon pour écraser les ingrédients sans les broyer complètement.
