Le nom « niouk yen » est généralement employé à l’ile Maurice pour désigner des boulettes de chouchou vapeur. Il s’agit d’une préparation sino-mauricienne inspirée des bouchées vapeur chinoises, adaptée avec un légume très courant sur l’île, le chouchou, aussi appelé chayote ou christophine. Toutefois, ce n’est pas une recette “importée telle quelle”, mais bien une création locale. Le principe du dim sum vapeur vient de Chine, mais les ingrédients et les habitudes de consommation ont été mauricianisés.
Associée aux restaurants de Curepipe où l’on allait manger des boulettes chinoises ou un “mine bouilli”, la forme la plus ancienne est une version très simple : chouchou râpé, crevettes séchées, fécule de tapioca, un peu de sauce soja ou sauce de poisson, puis cuisson vapeur. Avec le temps, la recette s’est diversifiée. Certaines versions ajoutent des crevettes fraîches, du gingembre, de l’ail, de la ciboule, voire une sauce pimentée ou un bouillon pour servir les boulettes en soupe. D’autres variantes remplacent la tapioca par de la fécule de maïs ou mélangent chouchou, shiitakés et assaisonnements plus modernes, signe que la recette continue d’évoluer. On les sert souvent de deux façons : en encas avec une sauce pimentée, ou dans un bouillon chaud, ce qui les rapproche des usages de la cuisine de rue et des petites soupes-repas.
