Yeongeun Jorim

Contrairement à certaines spécialités associées à un cuisinier ou à un établissement, le yeongeun jorim appartient surtout au répertoire familial coréen. Les sources culinaires consultées décrivent sa préparation et sa place à table, mais ne permettent pas d’identifier une date d’invention, une région d’origine certaine ou un premier texte mentionnant cette recette exacte. Son nom décrit simplement l’ingrédient et la technique : yeongeun désigne ce qu’on appelle couramment la « racine de lotus », et jorim une préparation mijotée dans un assaisonnement que l’on fait réduire.

Botaniquement, la partie consommée est en réalité un rhizome, une tige souterraine du lotus. Sa coupe révèle les cavités caractéristiques qui donnent aux rondelles leur aspect ajouré. Le lotus est consommé en Corée, mais aussi dans d’autres cuisines asiatiques. Son rhizome possède une saveur assez douce et une texture à la fois fibreuse, farineuse et croquante. Ces propriétés en font un bon support pour une sauce concentrée : l’ingrédient apporte surtout la mâche, tandis que la sauce soja et le sucre construisent l’assaisonnement.

Le yeongeun jorim s’inscrit ainsi dans une famille de préparations coréennes braisées à la sauce soja sucrée, comme le kongjang, à base de haricots, et le jangjorim, souvent préparé avec du bœuf. La cuisson ne consiste pas seulement à attendrir : la réduction finale concentre l’assaisonnement et fait adhérer une fine couche de sauce aux morceaux.Dans la cuisine domestique, le yeongeun jorim fait partie des mit-banchan, ces accompagnements que l’on peut préparer à l’avance pour compléter plusieurs repas.Il est particulièrement apprécié à l’automne,

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